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Charte pour la paix et la réconciliation
Les démocrates s’auto-excluent
Les partis dits démocrates ont une nouvelle fois voulu marquer leur distanciation vis-à-vis du Pouvoir, en décidant de se démarquer ostensiblement de la démarche du président de la République, par un rejet souvent irraisonné, voire dogmatique, du projet de la Charte pour la paix et la réconciliation soumis à référendum.
Ils sont d’ailleurs presque les seuls –mis à part les irréductibles du GSPC- dans le camp du «non». Une situation qui paraît assez surprenante et paradoxale pour une certaine opinion acquise aux grands principes que défend ladite charte et à la garantie pour l’avenir qui y est pourtant bien définie,au sujet notamment de l’irréversibilité de l’interdiction du FIS et, plus généralement, de la question de l’islamisme politique en Algérie.
C’est, dirions-nous, une autre occasion ratée pour ces partisans d’une république démocratique et moderne d’accompagner, comme ils l’ont fait à l’occasion des débats sur le code de la famille il y a quelques moins, une dynamique nationale porteuse de changement dans le sens de la modernisation et de la sécularisation de la société et de consolider ainsi un rapport de force qui semble bien favorable à cette optique.
Cela s’applique notamment sur la position du RCD et du MDS, fers de lance de l’opposition démocratique et partisans acharnés de la lutte anti-islamiste, qui estiment que le pouvoir, à travers ce texte fondateur, fait trop de concessions aux islamistes, en brandissant, mécaniquement, les préalable de «vérité» et de «justice», alors qu’ils n’osent aucune campagne publique, remarquons-le, pour expliquer leurs propres arguments sur la question.
Il existe une position plus nuancée et plus réaliste, celle de l’UDR d’Amara Benyounès. Celui-ci est «globalement» d’accord sur l’esprit du texte, mais émet des réserves sur un certain nombre de points, en demandant, par exemple, à ce que les mesures de grâce et d’amnistie prises au profit d’une certaine catégorie de terroristes, «soient limitées dans le temps». Cela dit, si ce jeune parti paraît trop peu engagé dans ce débat, c’est sans doute à cause des toutes prochaines échéances électorales en Kabylie.
Dans le même camp du non, le FFS semble plus à l’aise dans ses discours, en restant fidèle à ses critiques sur ce sujet. Cette position tranchée du vieux parti de l’opposition met en évidence la grande fracture dans le camp des anciens alliés du Contrat de Rome qui a été provoquée par cet élan référendaire, après les divisions observées au sein des derniers cercles du FIS, à Alger et à l’étranger. Autre fait à relever à ce propos, c’est que les partisans du «non» ne sont appuyés que par un seule organisation des droits de l’Homme, à savoir celle que dirige Me Ali Yahia Abdennour, lui-même signataire du fameux contrat de Sant’Egidio, alors que la position de l’autre ligue, conduite par Me Miloud Brahimi, est beaucoup plus tolérante, même si elle se défend de faire campagne pour le «oui». Brahimi a été le premier démocrate, rappelons-nous, à avoir réagi positivement et avec un raisonnement intelligent au premier discours annonciateur du chef de l’Etat. Mais, il n’a pas été suivi.
15-09-2005
Mussa A.
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